# 1

Voici à quoi ressemble un avortement

img-embryomodel101812_163559827036De nombreuses images de protestation contre l’avortement sont des reproductions artistiques ou le résultat d’une manipulation d’images, et la plupart des photos de fœtus avortés sont des fœtus avortés à des durées très tardives pour des raisons médicales d’urgence. La grande majorité des avortements sont pratiqués au premier trimestre de la grossesse, souvent avant la sixième semaine de grossesse, lorsque l’embryon mesure seulement environ 15 mm. Les photos de fœtus avortés produites par les anti-avortement sont également fausses, car elles sont énormément agrandies et effacent complètement toute présence de la femme. En outre, la source de la plupart de ces photos est inconnue et non identifiée – beaucoup pourraient être des photos de fausses couches, de mort-nés, ou d’avortements illégaux. Les anti-avortement ont admis avoir volé des restes de fœtus dans les hôpitaux et les avoir manipulés pour des photos.

Le développement précoce de la grossesse:
Jusqu’à 6 semaines et demie après le premier jour du dernier cycle menstruel, aucun embryon ne peut encore être visualisé, simplement un sac gestationnel. Une image d’un sac gestationnel dans la cinquième et la sixième semaine de grossesse ainsi qu’une échographie de ce sac sont présentées ci-dessous.

GestationalSac5weeks_eGestationalSac6weeks_e4

GestationalSac6weeks_us_e

Un avortement précoce:

An actual early abortion

Sources:

Gynmed Clinic, Methods of Abortion

rabble.ca, Why fetus porn doesn’t help the anti-choice cause (2013)

# 2

L’avortement est en contradiction avec le serment d’Hippocrate

hippo-oathLe serment d’Hippocrate, datant environ des années 460 à 377 av. J.-C., reflète les connaissances médicales et les concepts sociaux de l’époque. Par exemple, les médecins n’étaient pas autorisés à partager leurs connaissances avec leurs patients et des profanes laïques – mais seulement avec leurs étudiants en médecine, leurs propres fils et les fils de leurs professeurs. De plus, le serment (d’Hippocrate) interdisait de pratiquer une chirurgie sur la vessie chez les hommes (pour retirer des calculs par exemple), une intervention réservée à du personnel qualifié pur cette tâche spécifique à l’époque lorsque cela semblait altérer la fertilité des hommes. L’interdiction de l’avortement dans le serment est limitée à une technique spécifique – un pessaire (un ovule vaginal), qui pourrait provoquer des infections létales.

Le serment d’Hippocrate archaïque et confessionnel (les étudiants devaient jurer par les dieux grecs païens) n’a pas aujourd’hui de fondement légal dans aucun pays. Il a été remplacé dans les pays démocratiques par des codes d’éthique et des lois démocratiquement promulguées réglementant la pratique médicale. La Déclaration de Genève et d’autres codes d’éthique récents placent le patient en premier rang et incluent de nombreuses directives absentes du serment d’Hippocrate. Par exemple, le code de déontologie de l’Association médicale canadienne favorise la formation continue, la communication empathique avec les patients, le droit des patients à refuser un traitement, l’utilisation raisonnée des ressources de santé et bien d’autres considérations éthiques louables.

Aujourd’hui, pratiquement toutes les écoles de médecine exigent une forme de serment de la part de leurs diplômés, mais elles sont en grande partie considérées comme rituelles et facultatives. Le serment d’Hippocrate original a été révisé et modernisé au cours des siècles pour refléter l’évolution des valeurs de la société, les changements législatifs et les nouvelles technologies médicales. En 1993, parmi les écoles de médecine américaines qui utilisaient encore une version du serment d’Hippocrate, seulement 8 % incluaient toujours l’interdiction de l’avortement et seulement 14 % celle de l’euthanasie. En 2009, une enquête menée auprès de 135 écoles de médecine aux États-Unis et au Canada a révélé que 11,1 % utilisaient une traduction non modifiée du serment traditionnel d’Hippocrate.

Sources:

Pro-choice Action Network, Hypocrisy and the Hippocratic Oath (1999) (original Hippocratic Oath reproduced here)

Hagop Kantarjian, MD, and David P. Steensma, MD, Relevance of the Hippocratic Oath in the 21st Century (2014)

The Pharos, The uses of oaths in the 21st century (2016)

Wikipedia, Declaration of Geneva, and Wikipedia, Hippocratic Oath

# 3

L’avortement est une procédure très dangereuse

L’avortement est l’une des interventions chirurgicales les plus sûres si elle est réalisée dans un cadre légal et en utilisant des normes sanitaires définies. Le risque de décès associé à un avortement sûr et légal est extrêmement faible, avoisinant 1 à 6 décès pour chaque million d’avortements dans les pays développés. En fait, il y a 10 à 14 fois plus de risques de mourir en donnant la naissance qu’en ayant un avortement. De plus, le risque de complications majeures d’un avortement au premier trimestre est de 0,05 %, et le taux global de complications, à la fois mineures et majeures, est d’environ 2-3 %.

Les avortements peuvent être pratiqués en toute sécurité dans des cliniques autonomes, dont plusieurs études ont confirmé qu’elles sont hautement réglementées et très sûres. De nombreuses autres procédures ambulatoires qui ne nécessitent pas d’hospitalisation sont statistiquement beaucoup plus à risque. Il y a 40 fois plus de risques de mourir d’une coloscopie que d’un avortement, par exemple.

L’avortement est dangereux seulement quand il est pratiqué dans des conditions illégales, pour plusieurs raisons : il est fréquemment fait à des durées de grossesses plus tardives, par une personne non formée ou par la femme elle-même, dans de mauvaises conditions d’hygiène, avec des équipements ou produits inappropriés et sans surveillance, ni suivi médical. Les pays en développement avec des lois restrictives de l’avortement, tel le cas de la plupart des pays d’Afrique, ont les taux de mortalité maternelle dus aux avortements à risque les plus élevés. Dans le monde, la proportion de la mortalité maternelle due à un avortement à risque, la plupart du temps illégal, est de 8 à 18 % – soit entre 22 500 et 44 000 décès par an. (Des chiffres différents proviennent d’estimations séparées.) Presque tous ces décès seraient évitables si l’avortement était légal, sûr et accessible. En outre, plus de 7 millions de femmes sont blessées. Avec environ 22 millions d’avortements à risque par an, cela signifie qu’ un tiers des femmes ayant eu un avortement à risque souffrent de complications, contre moins de 3 % dans les pays développés.


Sources:

World Health Organization, Unsafe Abortion (2011)

Guttmacher Institute, Unsafe Abortion: The Missing Link in Global Efforts to Improve Maternal Health (2011)

Guttmacher Institute, Induced Abortion Worldwide (2016)

International Journal of Gynecology and Obstetrics. (Berer Blog). A call for consensus and cooperation to resolve differing estimates of abortion-related deaths (2016)

# 4

Les pilules pour l’avortement médicamenteux sont nocives

Depuis 1988, des dizaines de millions de femmes ont interrompu leurs grossesses en toute sécurité et légalement avec deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol, dont plus de 1,5 million en Europe, plus d’un million aux États-Unis et plus de 25 millions en Chine. Ces médicaments sont maintenant approuvés dans au moins 59 pays. L’avortement médicamenteux est utilisé pour plus de 60 % des avortements dans certains pays européens et environ 20 % aux États-Unis.

La mifépristone et le misoprostol figurent sur la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé depuis 2005. La mifépristone bloque la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, entraînant l’évacuation de la muqueuse utérine. Le misoprostol provoque des contractions entraînant une fausse couche.

Bien que tous les médicaments aient des effets secondaires, l’avortement médicamenteux est plus sûr que l’utilisation d’antibiotiques. Le risque d’anaphylaxie fatale avec la pénicilline est d’environ 1 sur 100 000. Le taux global de complications de l’avortement médicamenteux, y compris la complication la plus fréquente de la poursuite de la grossesse, est d’environ 1 %.

L’utilisation de l’avortement médicamenteux a également rendu l’avortement illégal plus sûr parce que ces médicaments remplacent progressivement des méthodes beaucoup plus dangereuses telles que l’insertion d’objets dans l’utérus, l’ingestion de poisons ou le fait de sauter des escaliers ou du toit. Dans les pays en développement, de nombreuses femmes peuvent acheter ces médicaments dans les pharmacies locales ou en ligne. Bien que leur usage puisse parfois être dangereux lorsqu’ils sont mal pris sans surveillance médicale, un réseau professionnel s’est développé ces dernières années pour offrir en ligne une assistance et des conseils médicaux aux femmes qui pratiquent elles-mêmes des avortements (faites-le vous-même) dans des pays où l’accès légal est très restreint. La diminution du taux de mortalité maternelle due à des avortements à risque de 68 000 en 1995 à 22 000 en 2014 (selon l’Organisation mondiale de la santé) pourrait être due au moins en partie à un recours plus sûr à l’avortement médicamenteux mais aussi à de meilleures méthodes d’estimation.

Sources / Plus d’informations:

Women on Web

Women Help Women

Gynmed Clinic – Medical Abortion

Misoprostol (safe usage guide)

World Health Organization, Preventing Unsafe Abortion (2017)

# 5

L’avortement est plus risqué que la grossesse

Les avortements sont très surs lorsqu’ils sont pratiqués par des professionnels qualifiés. Une recherche sérieuse confirme que la poursuite d’une grossesse et le déroulement de l’accouchement comportent plus de risques pour la santé de la femme que l’avortement au premier trimestre. Il y a 14 fois plus de risques de mourir en couches que de se faire avorter.

Globalement, les risques liés à l’interruption de grossesse augmentent avec la durée de la grossesse, ce qui signifie que les avortements précoces sont les plus sûrs et l’accouchement est plus risqué. Le risque de complications majeures d’un avortement au premier trimestre est de 0,05 %, et le taux global de complications mineures ou graves est d’environ 2-3 %. Les complications de l’accouchement sont beaucoup plus fréquentes – pour ne donner que deux exemples de complications sérieuses, 5-6 % des femmes enceintes aux États-Unis souffriront de prééclampsie, et 7 % seront diagnostiquées avec un diabète gestationnel. Environ 800 femmes dans le monde meurent chaque jour, de complications liées à la grossesse, à l’avortement à risque (la plupart du temps illégal) représentant environ 8 à 18 % de ces décès.

En plus du risque plus élevé de l’accouchement par rapport à l’avortement, la plupart des femmes enceintes ressentent des effets secondaires indésirables pendant des mois, comme des nausées matinales, des mictions fréquentes, des hémorroïdes, de la constipation, des saignements des gencives ou d’autres problèmes. Les nausées matinales graves, « hyperemesis gravidarum, » peuvent être mortelles sans traitement approprié. La prééclampsie (liée à l’hypertension artérielle) fait partie des risques les plus graves de la grossesse. Chaque année, dans le monde, dix millions de femmes font une prééclampsie et 76 000 femmes enceintes meurent chaque année d’une prééclampsie et de troubles hypertensifs apparentés. Il existe également des contre-indications à la grossesse qui peuvent augmenter considérablement le risque pour certaines femmes, comme le diabète, les maladies cardiaques, les maladies rénales et l’asthme. Des facteurs tels qu’une grossesse multiple (jumeaux) augmentent également le risque. Après la naissance, la dépression post-partum est vécue par une femme sur neuf aux États-Unis.

Sources:

Guttmacher Institute, Induced Abortion Worldwide (2016)

Government of South Australia, Myths and Facts About Abortion

Obstetrics & Gynecology, The comparative safety of legal induced abortion and childbirth in the United States (2012)

American Pregnancy Association, Pregnancy Complications

Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Complications of Pregnancy

Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Depression of Women Among Reproductive Age

Preeclampsia Foundation, Preeclampsia and Maternal Mortality: a Global Burden

# 6

Les personnes qui pratiquent des avortements le font pour l’argent

Les personnels de santé qui font des avortements facturent généralement ces services moins chers que les médecins d’autres spécialités. Non seulement les avortements sont des soins moins rentables que la plupart de ceux des autres domaines de la médecine – y compris l’obstétrique- mais ils sont généralement moins respectés/réputés et moins prestigieux. La stigmatisation de l’avortement signifie que les prestataires sont aussi souvent stigmatisés, même par leurs collègues d’autres spécialités. En outre, nombre d’entre eux continuent ce travail malgré des menaces régulières sur leur vie et leur sécurité. Pour la plupart des personnes qui font des avortements, ces éléments uexpliquent que faire du bénéfice n’est pas ou probablement pas une priorité. En effet, les récits personnels des prestataires insistent souvent sur la satisfaction et la joie qu’ils ont de pouvoir aider les femmes de manière directe et tangible. Par exemple, un médecin de New York, le Dr Maureen Paul, a déclaré:

« J’adore réellement mon travail. Chaque avortement est l’histoire d’une femme, et certaines de ces histoires sont difficiles. Il est vraiment important d’aider les femmes à travers l’expérience de l’avortement afin qu’elles s’en sortent en se disant qu’elles ont fait le meilleur choix pour leur vie. C’est merveilleux de faire partie de ce processus. Je sais que chaque fois que je pratique un avortement à une femme qui le choisit, je lui sauve la vie à la fois au sens propre et au sens figuré. « 

La plupart des médecins pratiquent la médecine par désir d’aider les personnes, et les personnels de santé qui font des avortements ne sont pas différents. En effet, nous ne partons pas du principe que beaucoup d’autres médecins sont très bien payés, tels les chirurgiens cardiaques, qu’ils font donc cela « seulement pour l’argent ». Bien sûr, tous les médecins méritent un revenu raisonnable parce qu’ils font des années de spécialisation. La formation et leur profession leur confèrent une énorme responsabilité envers la société.

Aux États-Unis, le coût d’un avortement précoce est resté à peu près le même depuis au moins 2008 – environ 500 US$. L’avortement est loin d’être une activité lucrative, mais essayer de restreindre l’accès à l’information sur la liberté reproductive coûte des milliards de dollars aux contribuables. En 2010, par exemple, les grossesses non désirées ont coûté aux contribuables américains 21 milliards de dollars. Les contribuables ont payé pour 68 % des 1,5 million de naissances non planifiées, à un coût moyen de 12 770 $ par naissance. En fait, les cliniques d’avortement permettent d’économiser l’argent des contribuables à travers la prévention de futures grossesses non désirées par le contrôle des naissances et à l’éducation.

Sources:

Physicians for Reproductive Choice and Health, Why I Provide Abortions (2005)

Guttmacher Institute, Public Costs from Unintended Pregnancies

Guttmacher Institute, The Cost of Abortion, When Providers Offer Services and Harassment of Abortion Providers All Remained Stable Between 2008 And 2012 (2015)

Ms. Magazine, 10 Worst Abortion Myths–and How to Refute Them (2010)

Public Eye, Abortion Myths, by Marlena Sobel

# 7

Les médecins effectuent des avortements sans le consentement préalable et les femmes ne savent pas ce qui va leur arriver

Le consentement éclairé est une exigence éthique de base pour tous les traitements de santé, et l’avortement ne fait pas exception. En fait, le modèle de prestation de soins d’avortement via des cliniques de santé reproductive autonomes a permis aux prestataires de développer des protocoles de conseil et de consentement éclairé plus complets que dans d’autres domaines de la médecine. Malheureusement, aux États-Unis, le processus de consentement éclairé est souvent entaché par l’inclusion d’informations médicalement incorrectes diffusées par l’État à travers des lois anti-avortement. En outre, les agences anti-choix (souvent appelées « centres de grossesse de crise») sont connues pour tromper, confondre et effrayer les femmes avec de fausses informations sur l’avortement. En d’autres termes, ce sont les partisans anti-choix qui sont souvent coupables de priver les femmes d’un consentement éclairé au sujet l’avortement – et non les prestataires.

La seule raison pour laquelle l’avortement est légal et les cliniques d’avortement existent, c’est parce que ce sont les femmes qui ont toujours demandé et demandent des soins d’avortement. Lorsque l’avortement est illégal, les femmes cherchent de toute façon à se faire avorter, et beaucoup risquent sciemment leur santé et vivent avec des avortements à risque. Le mouvement anti-choix insulte les femmes en affirmant qu’elles ne consentent pas à l’avortement ou ne comprennent pas ce qu’elles font. La plupart des femmes ayant des avortements ont déjà au moins un enfant (59 % aux États-Unis et 55 % au Royaume-Uni), et comprennent donc ce que signifie la grossesse et ce qu’est un avortement.

La plupart des femmes qui contactent une clinique d’avortement ont déjà décidé de se faire avorter. D’autres femmes peuvent être incertaines ou ambivalentes, et ont besoin de temps et de discussions avec des personnes de confiance. Les cliniques d’avortement emploient des conseillers professionnels qui sont disponibles pour toutes les femmes. Le counseling est conçu pour s’assurer que les femmes soient claires et résolues dans leur choix et qu’elles aient réglé tous les problèmes affectifs possibles ou, si elles ne sont pas sûres, qu’elles soient conseillées avec compassion pour les aider à prendre la meilleure décision. Beaucoup de femmes qui étaient incertaines décideront de ne pas avorter après le counseling. Mais celles qui maintiennent leur décision recevront toutes les informations nécessaires sur la procédure et ce qui va se passer, et comment cela peut les affecter. Souvent, les femmes qui sont renvoyées parce qu’elles ne sont pas sûres reviennent dans une semaine ou deux pour l’avortement.

Sources:

The Express (UK), Rise in proportion of women who are already mothers having abortions (2017)

Guttmacher Institute, Induced Abortion in the United States (2017)

Guttmacher Institute, State Abortion Counseling Policies and Fundamental Principles of Informed Consent

National Women’s Law Centre, Crisis Pregnancy Centers

Pregnancy Options Workbook